Pour sa vidéo-performance, Un troupeau till the world ends (22min), Théophylle Dcx a convié un groupe d’amie·x à se retrouver au milieu de la forêt de son enfance pour y réaliser des exercices de chants sur des musiques populaires. Iels se les réapproprient afin de s’accorder et de trouver les notes vocales qui leur conviennent le mieux. En revisitant des hits, de Britney Spears à Dalida, de David Guetta à Mika, iels inventent de nouvelles manières d’exister collectivement, de faire groupe et de chanter en chœur. Cette séance de répétitions se poursuit à la lisière du bois où, disposés en chorale, les membres chantent ensemble a cappella plusieurs chansons qui appellent les corps à la fête, à la danse - à leurs amours et leurs épuisements, en suivant la traduction littérale du titre de Britney Spears : Danser jusqu’à la fin du monde, être et continuer d’être ensemble et de s’aimer quand tout s’effondre. La musique, et les liens intimes que chacun·e entretient avec elle, permet de se survivre, de se célébrer, de se libérer. Parfois fausses et décalées, les voix communient en un moment joyeux. Cette nonchalance apparente, nourrie d’un imaginaire pop et mashup de paroles, charrie quelque chose de discrètement politique. Coline Davenne, conseillère artistique au Palais de Tokyo et directrice artistique du Salon de Montrouge 2022-2024 Photos : Aurélien Mole For his video-performance, "Un troupeau till the World Ends", Théophylle Dcx invited a group of friends to gather in the middle of the forest of his childhood to perform singing exercises to popular music. They reappropriate these songs to harmonize and find the vocal notes that suit them best. By revisiting hits from Britney Spears to Dalida, from David Guetta to Mika, they invent new ways of existing collectively, forming a group, and singing in harmony. This rehearsal session continues at the edge of the woods where, arranged in a choir, the members sing several songs a cappella that call the bodies to celebrate, dance - to their loves and their exhaustion, following the literal translation of Britney Spears’ title: «Dancing till the end of the world, being and continuing to be together and to love each other when everything collapses.» Music, and the intimate connections that each person has with it, allow them to survive, celebrate, and liberate themselves. Sometimes false and quirky, the voices come together in a joyful moment. This apparent nonchalance, fueled by a pop imaginary and mashup of lyrics, carries something political. Coline Davenne, artistic advisor at Palais de Tokyo and artistic director of Salon de Montrouge 2022-2024 Photos : Aurélien Mole
Cette série de dessins aux pastels à l’huile représente des versions géantes des cartes magiques issues du jeu Yu-Gi-Oh!. À l’origine, jeu de cartes à collectionner japonais mettant en scène des sorts, des monstres, des pièges et dotées d’une valeur bien réelle dans les cours d’école ; échangées, collectionnées et parfois mises en jeu. Ces dessins transforment les cartes en artefacts. Elles deviennent des outils symboliques de traitements VIH. Détournées de leur origine ludique, elles acquièrent une nouvelle signification, à la croisée de l’imaginaire et du soin. La valeur de chaque carte correspond au coût des traitements contre le VIH qu’elle représente, révélant les inégalités économiques ainsi que le pouvoir que l’argent et le statut social confèrent sur l’accès aux médicaments. Théophylle Dcx joue également avec la notion d’indétectabilité : les titres et les pouvoirs des cartes sont gravés dans la matière du pastel et ne se révèlent qu’à mesure que le·la spectateur·ice s’en approche. Paul Emmanuel Odin, directeur artistique de La compagnie Photos : Ix Dartayre - Sébastien Arrighi This series of oil pastel drawings depicts giant versions of Magic Cards from the Yu-Gi-Oh! card game. Originally a Japanese trading card game featuring spells, monsters, traps, and other cards that held real value in the schoolyard—traded, collected, and wagered—these drawings transform the cards into artifacts. They become symbolic tools for HIV treatment. Diverted from their playful origins, they take on new meaning, bridging imagination and care. The value of each card corresponds to the cost of the HIV treatments depicted, exposing economic inequalities and the power that money and social status confer over access to medication. Théophylle Dcx also plays with the notion of undetectability: the titles and powers of the cards are etched into the pastel and only reveal themselves as the viewer approaches. Paul Emmanuel Odin, artistic director of La compagnie Photos : Ix Dartayre - Sébastien Arrighi
Les anges bandent-ils ? entremêle récit personnel, mémoire collective et activisme. À travers une performance mêlant lecture, chant, stand-up, danse et présentation audiovisuelle, Théophylle Dcx tisse des liens entre la crise du sida des années 1980 et 1990 en Occident et son expérience de jeune homme gay vivant avec le VIH à une époque marquée par la notion d’« indétectabilité ». Il interroge ce terme, qui dépasse sa définition clinique pour devenir une métaphore des luttes rendues invisibles. Comment notre société, en glorifiant certains récits, en marginalise-t-elle d’autres ? Comment cette « indétectabilité » se reflète-t-elle dans l’espace public, dans notre mémoire, et jusque dans nos corps ? Théophylle Dcx revisite ces questions à travers le prisme de musiques qui résonnent avec ces époques et leurs luttes : des chansons pop des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, présentes dans certaines compilations de Hits (comme People are still having sex, Latour, 1991), qui deviennent dans son travail le témoin de l’évolution de notre rapport collectif au VIH/sida. Les anges bandent-ils ? explore la manière dont la musique peut constituer une archive vivante. Ces sons, transmis d’une génération à l’autre, relient les luttes, transmettent des récits et ravivent des mémoires. L’artiste met en dialogue des archives institutionnelles avec des fragments collectés en ligne, révélant une intimité collective qui relie discours médicaux, médiatiques et culturels aux résistances des communautés concernées. Isabella Seniuta, chercheuse, commissaire indépendante et enseignante Photos : Angèle Dumont - Zoé Chauvet "Les anges bandent-ils ?" intertwines personal narrative, collective memory, and activism. Through a performance blending reading, singing, stand-up, dance and audiovisual presentation, Théophylle Dcx weave connections between the AIDS crisis of the 1980s and 1990s in the West and his experience as a young gay man living with HIV in an era shaped by the notion of undetectability. He question this term, which extends beyond its clinical definition to become a metaphor for struggles rendered invisible. How does our society, by glorifying certain narratives, marginalize others? How is this «undetectability» reflected in public spaces, in our memory, and even in our bodies? Théophylle Dcx revisit these questions through the lens of music that resonates with these eras and their battles: pop songs from the eighties until today in some Hits music compilations (like People are still having sex, Latour 1991) which in his work becomes a witness to the evolution of our collective relationship with HIV/AIDS. "Les anges bandent-ils ?" explores how music can serve as a living archive. These sounds, passed from one generation to the next, connect struggles, transmit stories, and revive memories. The artist bring institutional archives into dialogue with fragments gathered online, uncovering a collective intimacy that links medical, media, and cultural discourses to the resistance of affected communities. Isabella Seniuta, researcher/independant curator/teacher Photos : Angèle Dumont - Zoé Chauvet
Dans l’exposition undetectable bodies, des objets issus de l’univers de l’enfance sont réappropriés et transformés, acquérant une nouvelle charge emblématique et affective. Par leur recontextualisation, ils deviennent des dispositifs de mise en récit et de réparation. Les boules disco en céramique, Come On, I Wanna Take You Home apparaissent comme des reliques lumineuses, gravées de fragments de paroles de Going Home de Patrick Cowley ; figure iconique de la musique Hi-NRJ gay des années 1980, dont l’œuvre résonne comme un mémorial sonore du désir queer, de la perte et de la survie à l’ombre de la crise du VIH/sida. Le travail de Théophylle Dcx inclut également l’écriture — une pratique reflétée dans l’installation Le four de la Survie, issue d’un texte littéraire et activée par une performance de lecture lors du vernissage de l’exposition. Dans ce poème, il livre un manifeste à la fois tendre et combatif, qui met à nu la violence du prétendu « tout le monde » et l’effacement des survivances minoritaires. Entremêlant récit personnel, fantasmes queers et séropositivité, Théophylle Dcx rejette les figures héroïques au profit d’actes intimes de résistance. Dans cette exposition, les œuvres de Théophylle Dcx se déploient comme une archive personnelle, médicale et politique en perpétuelle évolution. De l’intimité de sa chambre à l’espace collectif du dancefloor, il tisse un récit qui témoigne à la fois de son existence et de la mémoire collective qui l’entoure. Cléo Verstrepen & Serhat Orta, independant curators Photos : Cléo Verstrepen - Marie Genin In the "undetectable bodies exhibition", objects drawn from the world of childhood are reappropriated and transformed, acquiring new emblematic and affective charge. Through their recontextualisation they become symbolic tools for therapeutic processing, particularly in relation to experiences of illness, care, and identity, between playfulness and resilience. The ceramic disco balls "Come On I Wanna Take You Home" stand as luminous relics, engraved with fragments of lyrics from "Going home" by Patrick Cowley—an iconic figure of 1980s gay high-energy music, whose work resonates as a sonic memorial to queer desire, loss, and survival in the shadow of the HIV/AIDS crisis. The work of Théophylle Dcx also includes writing—a practice reflected in the installation "The Oven of Survival", drawn from a literary text and activated through a reading performance on the exhibition’s opening day. In the poem, he delivers a manifesto that is both tender and defiant, exposing the violence of the so-called “everyone” and the erasure of minoritarian survivals. Blending personal narrative, queer fantasies, and HIV-positivity, Théophylle Dcx rejects heroic tropes in favour of intimate acts of resistance. In this exhibition, the works of Théophylle Dcx manifest as an ever-evolving personal, medical, and political archive composed of traces of personal longings and desire. Extending from the intimacy of his bedroom to the collective space of the dancefloor, it weaves a narrative that provides a testimony to his existence and the collective memory of his surroundings. Cléo Verstrepen, independant curator and researcher & Serhat Orta, independant curator Photos : Cléo Verstrepen - Marie Genin
La pratique de Théophylle Dcx s’apparente à celle d’un journal intime. Biographique, juvénile et résolument mémorielle, elle partage de manière hyperbolique colères, lassitudes, angoisses, joies, désirs et espoirs face à un monde en perpétuel effondrement. Les catastrophes sociales, politiques et médicales jalonnent l’écriture. Certaines sont déjà passées, d’autres pourraient advenir ou se répéter. Face à elles, se dégage un besoin viscéral de célébrer la vie. Dans cette mise à nu, ses ami·es sont ses meilleurs remparts. Leurs histoires se lient à celles de celleux qui les ont précédé·es afin de faire front contre une société excluante. Que ce soit par la vidéo, la performance ou le texte, le récit s’écrit en musique. Cette dernière s’érige en outil d’expression vif et puissant. Au fil des œuvres, les paroles contaminent le journal. Oscillant entre punchlines saillantes et témoignages d’expérience de luttes, elles sont les dépositaires d’émotions brutes où se révèle la permanence de stigmas et de systèmes d’oppression pour les communautés dites marginalisées. Daisy Lambert, curatrice indépendante Photos : Elise Poitevin Théophylle Dcx’s practice is akin to a personal diary. Biographical, youthful, and resolutely memorial, it hyperbolically shares anger, fatigue, anxiety, joy, desires, and hopes in the face of a perpetually collapsing world. Social, political, and medical catastrophes punctuate the narrative. Some have already passed, and others may come or could be repeated. In response emerges a visceral need to celebrate life. In this vulnerability, his friends are his best defences. Their stories intertwine with those who preceded them to stand against an excluding society. Whether through video, performance, or text, the story is written with music. The latter stands as a vivid and powerful tool of expression. Throughout the works, lyrics infect the diary. Oscillating between sharp punchlines and testimonials of struggles, they are the carriers of raw emotions where the permanence of stigmas and systems of oppression for marginalized communities is revealed. Daisy Lambert, independant curator and researcher Photos : Elise Poitevin
Maria Silk et Théophylle Dcx inaugurent leur collaboration artistique avec la présentation d’un nouveau duo intitulé On the floor. Leur recherche chorégraphique explore les héritages queers portés par les genres musicaux de dance music des années 1980 — le post-disco et la hi-NRG. En entrant dans des états altérés induits par la danse, le duo voyage à travers un espace intérieur fait d’hédonisme, d’épuisement, de fuite et de discipline, guidé par le rythme four-on-the-floor qui propulse cette musique vitale. Considérant ce courant musical comme une archive, On the Floor cherche à mettre en scène les liens entre la musique, l’épidémie de VIH/sida et la mémoire de cette communauté ouvrant ainsi de nouvelles perspectives sur le pouvoir de la vie nocturne comme moyen de développer des stratégies de deuil et de survie queer. Ce travail explore également des manières d’habiter l’épuisement — l’épuisement des corps face au virus, à la crise, à la lutte ; l’épuisement d’un corps se dissolvant dans l’intensité brûlante de cette musique. Margot Thurin, Directrice des programmes au CounterPulse Theater Photos : Robbie Sweeny Maria Silk and Théophylle Dcx launch their artistic collaboration with the presentation of a new duet titled "On the floor". Their choreographic research explores the queer legacies carried by the 1980s dance music genres of post-disco and hi-NRG. Entering altered states induced by dance, the duo will travel into an inner space of hedonism, exhaustion, escape, and discipline, guided by the four-on-the- floor rhythm that drives this vital music. Considering this musical movement as an archive, "On the floor" seeks to stage the connections between music, the HIV/AIDS epidemic, and the memory of this community — opening new perspectives on the power of nightlife as a means to develop strategies for queer mourning and survival. This work will also reveal ways of working with exhaustion — the exhaustion of bodies facing the virus, the crisis, the struggle; the exhaustion of a body dissolving in the blazing intensity of this music. Margot Thurin, presenting associate CounterPulse Theater Photos : Robbie Sweeny
Laju Bourgain et Théophylle Dcx explorent le phénomène chorégraphique de la Macarena, popularisée en 1996. Celle qui essaye de devenir universelle et de dépasser les frontières sociales et culturelles. Leur performance détourne, transforme et épuise les pas originaux pour questionner la mémoire corporelle et les émotions attachées à ces gestes standardisés. En répétant ces synchronisations, iels révèlent des liens qui traversent leurs corps. Cette expérimentation chorégraphique et politique fait de la Macarena un matériau de réflexion sur le langage, les affects et les narrations qui nous lient. Festival Parallèle Photos : Arsène Marki Laju Bourgain and Théophylle Dcx explore the choreographic phenomenon of the Macarena, popularized in 1996—a dance that strives for universality, transcending social and cultural boundaries. Their performance subverts, transforms, and exhausts the original steps to question embodied memory and the emotions attached to these standardized gestures. By repeating these synchronizations, they reveal the connections flowing through their bodies. This choreographic and political experimentation turns the Macarena into a medium for reflecting on language, affects, and the narratives that bind us together. Festival Parallèle Photos : Arsène Marki
Le chant du 16 juin 1869 - La Ricamarie raconte l’évènement de lutte ouvrière stéphanoise où les troupes de l’armée de Napoléon III, ont tué 14 manifestant·es pendant la grève des mineur·es. Rosalie Dubois, dans le rôle d’une Diva du XIXème siècle ré-interprète le chant a capella (à gauche), dans la galerie minière reconstituée du musée de la mine de Saint-Étienne. Dans une installation vidéo (4min) en diptyque, elle se ré-interprète en lip sync face à elle même et dans un personnage de drag queen au sommet des terrils de Saint-Étienne. Les deux divas dialoguent grâce à l’écho produit par la mine et d’un chant pouvant se ré-approprier, se re-dire et même se re-confirmer en s’ajustant aux nouveaux enjeux, sur nos terrils (montagnes de déchets miniers) et nos nouvelles identités de luttes. Théophylle Dcx questionne la contemporanéité de ce chant ; la diva, se réinterprétant presque comme son propre écho ; sur des terrils encore fumants. À la cime des crassiers, on peut apercevoir les fumées dues à la combustion au coeur des terrils des restes de charbon et à l’oxydation de la pyrite qui conduisent à la fusion de la roche. Dans la vidéo sans titre (untitled) (40sec), qui accompagne l'installation, Théophylle Dcx allume deux fumigènes au sommet des crassiers, de manière à venir accentuer la fumée qui s’en échappe et afin de rendre ces échappements visibles depuis la ville d’où il est filmé. Cette action permet de mettre en lumière cette activité liée à l’exploitation minière du charbon encore présente sur le territoire stéphanois. Photos : Margaux Vendassi "Le chant du 16 juin 1869 - La Ricamarie" tells the event of the workers’ struggle in Saint-Étienne, where troops of Napoleon III’s army killed 14 protesters during the miners’ strike. Rosalie Dubois, in the role of a 19th-century diva, reinterprets the song a cappella in the recreated gallery of the Saint- Étienne mining museum. In a video installation in diptych form, she reinterprets herself, facing herself ,in the character of a drag diva at the top of the slag heaps of Saint-Étienne, where she lip-syncs. The two divas engage in a dialogue through the echo produced by the mine and a song that can be reappropriated, redelivered, and even reaffirmed by adjusting to new challenges, on our slag heaps (mountains of mining waste) and the new identities of our struggles. Their joint presence solidifies two eras and perhaps hints at the invariability of state coercion in the face of certain social demands. Théophylle Dcx questions the contemporaneity of this song; the diva, reinterpreting herself almost as her own echo upon still-smoldering slag heaps. At their summits, one can glimpse the smoke rising from the combustion of residual coal and the oxidation of pyrite deep within, leading to the fusion of the rock. In the video "untitled (crassiers)" that accompanies the installation, two smoke grenades are lit at the top of the slag heaps to accentuate the smoke already escaping from them, making these plumes visible from the city where the footage is filmed. This action highlights the ongoing activity linked to coal mining that is still present within the Saint-Étienne territory. Photos : Margaux Vendassi
Dans la vidéo Curriculum Vihtae (38min), Théophylle Dcx se livre à un portrait autobiographique qui emprunte au style des vlogs popularisés par Youtube, plateforme sur laquelle la vidéo est d’ailleurs disponible en accès libre. À l’aide d’un caméscope, l’artiste filme ses boîtes de médicaments consommés en 6 ans de séropositivité, agencés dans une forme de timeline qui lui permet de revenir sur ses expériences médicales, administratives, sexuelles et intimes. Dans un flot de paroles à la fois vulnérable et combatif, il décrit la confrontation à la maladie et à la sérophobie et marque les étapes qui lui ont permis de se construire politiquement en regard d’elles. Installé dans son salon, avec un fond musical qui dit son affection pour la musique électronique « Hi-NRJ », il livre un témoignage sensible du caractère politique de chaque histoire individuelle. Thomas Conchou, directeur artistique du CAC La ferme du Buisson Photos : Silvio Demoro - Ouroumov In the video Curriculum Vihtae, Théophylle Dcx presents an autobiographical portrait that draws on the style of vlogs popularized on YouTube—a platform where the video is also freely accessible. Using a camcorder, the artist films his boxes of medication taken over six years of living with HIV, arranged into a kind of timeline that allows him to revisit his medical, administrative, sexual, and intimate experiences. In a flow of speech that is both vulnerable and defiant, he recounts his confrontation with illness and serophobia, while tracing the stages that enabled him to build a political consciousness in relation to them. Seated in his living room, with a musical backdrop that expresses his attachment to “high energy” electronic music, he offers a moving testimony to the inherently political dimension of every individual story. Thomas Conchou, artistic director of Contemporary Art Center La Ferme du Buisson Photos : Silvio Demoro - Ouroumov
« le deuil qui me troue,
Alexandre
cet énorme trou,
sans fond,
que rien ne rebouche,
et quand même l’herbe repoussera,
elle poussera dans le trou,
pas dessus,
aucune herbe aussi douce soit elle ne rebouchera ce trou,
mais parfois l’herbe repousse,
une cute pelouse
un semblant de prairie,
un soleil qui caresse,
je m’arrête pour m’allonger un court instant,
à cet instant, j’oublie le trou,
ou alors j’y contemple tout l’amour, j’y tombe
l’amour qui dépasse encore de ce trou,
Avec Pétra et Stella, on danse sur l’herbe,
sans jamais l’abîmer
Et même alors encore du fond du trou
Cascada,
vient me faire penser à Alexandre,
Cascada continue de me soigner,
d’une énergie de fête,
une fête en extérieur,
à danser sur l’herbe d’un cratère,
j’imagine son corps, qui dansait lui aussi encore sur Cascada,
qui dansait comme moi, avec moi,
chez moi
dans ma chambre »
Rose2rage est paru aux éditions Burn-Août, septembre 2023.
Résumé
Théophylle Dcx dresse sa chronologie personnelle à travers les différents endroits qu’il a habité : son adolescence dans la campagne stéphanoise puis son arrivée à Nice à l’école des Beaux-Arts, où un horizon de découvertes s’ouvre à lui. Nous le suivons au fil de ses fantasmes, accompagnés, tout au long du récit, de ses musiques préférées et de ses danses de survie. Il revendique tout ce qui le constitue aujourd’hui : sa vie à la campagne en tant qu’homosexuel, sa séropositivité, ses amours et ses désirs.
Rose2Rage book published by Burn-Août Editions, September 2023
Summary:
In this book, Théophylle Dcx constructs his personal chronology through the various places he has lived: his adolescence in the St-Étienne countryside and then his arrival
in Nice at the School of Fine Arts, where a horizon of discoveries unfolds before him. We follow him through his fantasies, unfolds alongside the narrative his favorite music and his survival dances. He claims everything that makes him who he is today: his life in the countryside as a homosexual, his HIV- positive status, sex work, his loves, and desires.
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« Tout le monde n’a donc
pas de mémoire,
Tout le monde avance
les yeux bandés,
du moins il essaye
moi je cuis mes œufs, dans
mon four avec les adopté·es
des mondes survécus,
on se réchauffe autour
de l’aluminium cramé
par le soleil,
on danse, nos histoires en
témoignent dans chaque
goutte de transpiration
que l’on rend, nos peaux
se collent,
autour du four,
il fait beau »
I don't want to loose my mind I don't want to loose my time est un catalogue monographique édité dans le cadre du Prix Région Sud. Il retrace et parcours le travail de Théophylle Dcx, avec des contributions de Daisy Lambert, Fanny Lallart, Clément Riandley, Nesrine Salem et un entretien avec Léa Lascaud. Le catalogue a été traduit en anglais par Sarah Netter et Cléo Verstrepen. Il contient également le texte Le four de la survie de Théophylle Dcx.
Ce catalogue a été conçu par FSB press et édité avec Camille Mansour. Couverture de Ix Dartayre, avec Pétra Losseroy.
The first monographic catalog to be published as part of the Prix Région Sud program, in 2024, it retraces the work of Théophylle Dcx, with contributions from Daisy Lambert, Fanny Lallart, Clément Riandley, Nesrine Salem and an interview with Léa Lascaud. The catalog has been translated into English by Sarah Netter and Cléo Verstrepen. It
also includes the text Le four de la survie by Théophylle Dcx.This catalog was designed by FSB press and edited with Camille Mansour. Cover by Ix Dartayre, with Pétra Losseroy.
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